Bonjour,

[…] En 40 secondes, ma paroisse natale a perdu son église, sa salle paroissiale, son presbytère, les deux bâtiments qui accueillaient les plus que mille enfants du primaire, son dispensaire hôpital, son centre de formation en couture et en arts ménagers. Il ne lui reste que le collège secondaire. Très peu de maisons familiales ont résisté à la force terrible du séisme. Couché par terre, je regardais notre maison piaffer comme un jeune poulain rebelle au dressage. Je ne sais comment elle a pu résister à une telle fureur.

Mon curé vient de célébrer le 1er août son 6e anniversaire d’ordination. Il ne recule devant rien sûrement à cause de son jeune âge. Sa détermination rassure même si je suis conscient que les moyens lui feront cruellement défaut.

La situation de ma paroisse se répète à travers le diocèse et dans trois départements du pays.

Je remercie Paul Chiniara et toutes les autres personnes qui feront une place à Haïti. Cela ne peut que susciter l’espoir chez beaucoup qui auront du mal à se relever seuls.

Il y a maintenant un plan d’urgence qui vise à nourrir et à loger provisoirement ceux et celles qui ont tout perdu. Des familles haïtiennes d’ici et ailleurs sont déjà à pied d’oeuvre. La rentrée scolaire est dans moins de trois semaines, des milliers d’enfants n’ont plus d’écoles. Des malades n’ont plus les soins de première ligne. Là où c’est possible, la messe est célébrée en plein air. La reconstruction de ces bâtiments prendra du temps et coûtera énormément.

Tout ce qui se fait et se fera apportera consolation et espoir aux mal-pris du moment et aux générations futures. Merci pour une telle initiative. Je vous suis tous profondément reconnaissant. Que Dieu vous bénisse abondamment !

Walnès