La sagesse de Socrate

La sagesse de Socrate

Bien que la philosophie et la théologie ne soient pas très à la mode de nos jours, force est de constater que nous devrions leur rendre leurs lettres de noblesse. Nous aurions beaucoup à apprendre en lisant certains textes, par exemple celui de saint Thomas d’Aquin sur La Vérité ou celui qui nous intéresse aujourd’hui : le test des trois passoires de Socrate.

Le test des trois passoires

Nous sommes à l’air des médias sociaux. Une panoplie de moyens de communication est à notre service. Parfois ils sont utilisés à bon escient, mais, bien souvent, ils sont employés pour cracher du venin.

Socrate disait : « Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire ». Le filtre dont nous parle Socrate est le test des trois passoires.

Vérité, bonté, utilité

La première passoire est celle de la vérité, ce qui implique de vérifier si ce que l’on veut dire est vrai. La deuxième est celle de la bonté, que l’information à partager est quelque chose de bien. La troisième passoire est celle de l’utilité : est-ce que le message transmis sera vraiment utile ?

À l’heure des « fake news », et constatant la rapidité de réaction sur l’ensemble des médias sociaux, il serait peut-être intéressant de se rappeler le test des trois passoires. Certains diront que nous avons tous notre propre vérité, que ce qui est bien pour l’un, est mal pour l’autre, que ce qui est utile pour une personne ne l’est pas nécessairement pour son voisin. C’est ici qu’entre en ligne de compte la notion de « discernement ».

Discernement : « Capacité de l’esprit à juger clairement et sainement des choses ».

Des nuances pourraient être apportées au test de Socrate. Quelques passoires supplémentaires pourraient aider à nuancer encore mieux les prises de parole. Quels sont nos objectifs lorsque nous écrivons sur les médias sociaux ? Que recherchons-nous ?

Je nous souhaite du discernement dans nos vies personnelles et dans notre vie citoyenne, le monde s’en porterait mieux, il me semble.

Bon été !

Isabelle Béchard, pastorale sociale

Paroisse La Résurrection

 

Se serrer les coudes

Se serrer les coudes

Que nous le voulions ou pas nous avons tous et toutes notre part d’ombre, nos préjugés. Que nous le voulions ou pas nous avons trop souvent développé notre capacité de critiquer plutôt que notre sens critique.

Critiquer, pour moi, c’est passer son temps à trouver ce qui cloche, c’est de remettre la responsabilité à l’autre,  c’est penser que nous ferions mieux que lui et que l’on détient la vérité. Critiquer, c’est faire diversion : Le temps que nous critiquons les autres, on ne se regarde pas soi-même.

Le sens critique, pour moi, c’est autre chose, c’est voir ce qui cloche et le nommer, c’est avoir une vision globale de la situation, c’est d’évaluer notre part de responsabilité dans un événement donné et celle des autres. Notre sens critique doit être accompagné de recherche de solutions, d’alternatives pour contribuer à améliorer les choses.

Dans certains événements familiaux, de couple, au travail ou sociales, les responsabilités sont parfois partagées de façons égales. Dans d’autres cas, la part de responsabilité appartient davantage à une personne ou à un groupe. Dans plusieurs circonstances il y a des gens qui tentent de calmer le jeu en disant que la part de responsabilité est systématiquement également partager entre les parties. Cette façon de faire est en mon sens un manque de discernement, une façon de ménager la chèvre et le chou, c’est aussi une façon de déresponsabiliser les gens impliqués.

Ce qui m’amène à la gestion de la pandémie actuelle. Suis-je toujours d’accord avec les décisions prises par nos gouvernements ? Non. Est-ce que je pourrais faire autrement ? Peut-être. Est-ce que je ferai mieux qu’eux ? Je ne le saurais jamais.

En cette période de crise sociétale, plusieurs pistes d’actions s’offrent à nous, en voici quelques-unes : vivre nos peines et nos deuils, travailler chacun-e à notre résilience personnelle, colmater collectivement les déficiences de notre système sociale et de santé, en étant solidaire.

Ressource pour les personnes endeuillées : www.maisonmonbourquette.com

Ligne d’écoute pour les personnes endeuillées : 1-888-533-3845

 

Isabelle Béchard, pastorale sociale

Paroisse La Résurrection

Paroisse Saint-Jean XXIII­

 

 

Expérience de Pentecôte

Expérience de Pentecôte

Dans divers agendas, la journée du 31 mai 2020 est indiquée comme étant le jour de la Pentecôte. Que pouvons-nous dire sur cette journée ?

La Pentecôte est une fête religieuse soulignée 50 jours après Pâques. À la Pentecôte, les chrétiennes et les chrétiens commémorent le jour où les disciples reçurent l’Esprit-Saint et commencèrent à annoncer que le Christ est vivant. Mais qu’est-ce que l’Esprit-Saint ?

Une image associée à l’Esprit-Saint est celle du vent, du souffle. En effet, en recevant l’Esprit-Saint, chacune et chacun reçoivent le Souffle de Dieu, de Jésus, qui est sagesse, connaissance, etc. Aussi, le souffle est CRÉATEUR.

On dit que, lors de la crucifixion de Jésus, les apôtres ont pris peur et se sont cachés. C’est seulement 50 jours plus tard qu’ils ont attribué un sens nouveau à la mort de Jésus. On dit qu’ils reçurent l’Esprit-Saint. Ces 50 jours représentent une mise en quarantaine des apôtres, qui fut un temps de réflexion. Après la réception de l’Esprit-Saint, ils ont eu COMME un souffle les poussant à aller raconter les résultats de leur réflexion.

La crise de COVID-19 actuelle est quelque peu similaire. Après avoir eu un quotidien turbulent, ce virus nous oblige à nous retirer de la société, à modifier notre quotidien, à rester chez soi pour mieux rentrer chez soi, retrouver notre intérieur. De là, on a vu émerger des actions nouvelles, différentes de ce que l’on retrouvait habituellement. Certains et certaines d’entre nous ont fait ressurgir leur souffle Créateur.

Après la pandémie, gardons cette habitude de prendre du temps pour rentrer chez soi, afin de faire émerger davantage ce souffle qui nous habite. Vivons ensemble d’autres expériences de Pentecôte.

Guylaine Gagnon

Jour de la terre

JOUR DE LA TERRE

Le 22 avril, nous soulignons le jour de la Terre. Il faut se rappeler que le jour de la Terre, c’est à tous les jours. Notre planète a besoin de nous à chaque moment, et le principe de ces journées, c’est de nous sensibiliser à une cause pour que nous changions nos habitudes.

Dans le contexte actuel de la pandémie, nous sommes forcés de modifier un comportement. En effet, à l’exception de quelques produits, nous devons « CONSOMMER LOCAL ». Or cela se fait sur toute la planète, entraînant une diminution de la pollution, et ainsi de l’empreinte écologique de l’être humain. Alors que les nouvelles négatives reliées à cette pandémie se multiplient, ce changement de comportement amène un aspect positif majeur au malheur qui semble s’acharner sur nous.

Depuis plusieurs années, des environnementalistes prônent ce changement, et voilà qu’un virus microscopique a entraîné en quelques semaines, voire même quelques jours, ce changement sur toute la surface de la planète. Alors après la pandémie, allons-nous réussir à conserver ce nouveau comportement ?

Adopter cette nouvelle habitude est une manière de prendre soin de la Création. Et prendre soin de la Création, c’est prendre soin de la Vie !

Le contexte de pandémie est historique. Retenons au moins un élément positif et faisons ainsi de chaque jour un jour de la Terre !

Guylaine Gagnon

Capable du meilleur et du pire

Capable du meilleur et du pire

Cette semaine, j’ai eu une baisse d’énergie. Je le sais que dans chaque humain, il y a « un côté sombre et un côté givré » que l’humain est capable du meilleur et du pire mais j’ai parfois tendance à l’oublier. C’est souvent en période de crise que ces attitudes humaines diamétralement opposées s’éveille. Je me suis demandée comment se fait-il qu’en pleine crise humanitaire le gouvernement Legault devait négocier ou promette des hausses de salaires pour s’assurer la collaboration des personnes œuvrant dans les services essentiels ? J’avais l’impression de nager en plein marchandage économique de « l’offre et la demande ». Je m’explique : il y avait pénurie de main d’œuvre dans le milieu de la santé avant la pandémie, cette pénurie est encore plus apparente au sein même de la crise sanitaire. Pour inciter les gens à apporter leur aide, le premier ministre s’est engagé à ajuster des salaires, de part et d’autre.

Comprenez-moi bien, je ne suis pas contre les augmentations de salaire, je pense par contre que ce n’est pas le temps en pleine pandémie de négocier des salaires pour les raisons suivantes : 1. L’urgence première est d’aider le monde lorsqu’il y a un feu, l’objectif premier est de l’éteindre. 2. Les négociations dans un contexte de crise se font rapidement et nous empêchent de prévoir les effets collatéraux des décisions que nous prenons. 3. Les effets collatéraux fonds boules de neige et tous veulent leur part du gâteau, dans le cas qui nous préoccupe ce sont les salaires.

Entre vous et moi, même si on offrait de payer un prix exorbitant pour stimuler les personnes à travailler, comme par exemple dans un CHSLD, cela ne les protégerait pas de la possibilité de contracter le COVID-19 ou d’une mort imminente. L’argent ne règle pas tout.

Autre chose, comment se fait-il que certains types de travail en temps normal soit moins valorisés et qu’au cours d’une pandémie ces derniers deviennent si importants ? Prenons par exemple le travail d’une personne préposée aux bénéficiaires, des responsables de l’entretien ménager, des commis dans les dépanneurs, pour ne nommer que ces exemples. C’est ici qu’entre en ligne de compte le principe de l’offre et de la demande. La rareté se paie et c’est un peu ça qui me désespère. J’ai l’impression que nous utilisons le drame humain, le chaos social pour tirer profits de la situation. Je me répète, je ne suis pas contre les augmentations de salaire et je considère que toutes les professions et tous les secteurs d’emplois devraient être justement traiter et rémunéré car il n’y a pas de sots métiers, par contre, il serait préférable que les négociations soient faites dans un contexte hors pandémique.

D’une part, je reconnais positivement la gestion de la crise fait par le gouvernement du Québec. Nous sommes témoins du travail de haut niveau fait par le premier ministre Legault, madame Danielle McCann, ministre da la Santé et des Services Sociaux ainsi que du directeur de la Santé Publique, docteur Horacio Arruda. D’autre part,  lorsque la pandémie sera derrière nous, j’espère que François Legault fera sienne la devise du Québec : Je me souviens.

Je souhaite que notre premier ministre se rappelle l’apport de l’ensemble des personnes à la société québécoise durant cette pandémie. L’argent ne règle pas tout mais les écarts disproportionnés entre certaines professions et dans plusieurs secteurs d’emplois est une atteinte à la dignité humaine. Toute personne qui travail devrait être capable de combler ses besoins de bases, ses besoins essentiels. J’espère que le gouvernement Legault se souviendra de cela lorsque ça sera le temps de passer aux tables de négociation, lorsque ça sera le temps d’augmenter le salaire minimum. Je souhaite également que certaines corporations et ordres professionnelles se penchent sur cette question : l’indécence de certaines rémunérations. Je peux très bien comprendre que certaines professions ou secteurs d’emplois soit plus rémunérés que d’autre mais cela ne doit pas, à mon sens, devenir indécent et c’est cette indécence-là qui porte atteinte à la dignité humaine dans notre société.

L’humain est capable du meilleur et du pire. Après ma baisse d’énergie et ma déception face à certaines situations sociales actuelles, je suis tombée sur des articles qui mon réconcilier avec l’humanité, car il y a vraiment du bon monde. Pour ceux et celles qui n’ont pas eu la chance de les lire vous pourrez les consulter en vous référant aux liens plus bas.

Bonne lecture !

Isabelle Béchard, pastorale sociale,

Paroisse Saint-Jean XXIII, paroisse La Résurrection.

 Cliquer sur les liens suivants :

https://lp.ca/aTGeYY

https://lp.ca/w3JXTh

 

 

 

 

 

 

NOUS SOMMES DES ÊTRES INTERDÉPENDANTS, ACCEPTONS-LE !

Samedi, 4 avril 2020

Nous sommes des êtres interdépendants. Acceptons-le !

Bien que ça soit une appellation désuète de nos jours, je suis issue d’une famille ouvrière. J’ai pris conscience tôt de la différence des classes sociales.  Toute ma vie j’ai vu, j’ai lu et été consciente de la réalité des familles ouvrières, des gens vivants des réalités économiques plus difficiles. Certains ont été marqués négativement par leur milieu de provenance, ce n’est pas mon cas. Ma mère me disait : « Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes gens ». J’ai retenu ça d’elle.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je suis convaincue que nous sommes toutes et tous égaux devant Dieu. À contrepartie, lorsque nous vivons en société, celle-ci nous rappelle constamment que l’égalité ne fait pas partie de notre monde. Nous nous définissons souvent par nos emplois, notre salaire, nos études, nos acquis matériels. Certaines personnes sont nées au Nord, d’autres au Sud. On s’entend pour dire que l’égalité des chances n’est pas la même, ne serait-ce qu’au niveau de la longévité des personnes. Même au Québec, les personnes vivant dans les quartiers plus riches vivent plus longtemps que celles demeurant dans les quartiers appauvris.

Comme vous, je suis l’évolution de la pandémie actuelle. Plus le temps avance plus je suis témoin du respect qui semble s’établir concernant tous les quarts de métiers. Au début, le premier ministre félicitait les médecins, puis le personnel infirmier, puis les personnes préposées, les responsables de l’entretien ménagé dans les hôpitaux. De jour en jour, monsieur Legault remercie de nouvelles personnes provenant de tous les secteurs d’emplois. Nous nous rendons compte, entre autres, que finalement nous sommes bien heureux d’avoir des personnes pour nous accueillir aux caisses dans les épiceries, dans les pharmacies, puis de l’importance des personnes qui font le transport des aliments…

Le 1er avril, j’écoutais le témoignage d’une femme médecin qui était hospitalisée parce qu’elle avait le COVID-19. Voir cette femme en jaquette d’hôpital témoigner qu’elle-même devait suivre les règles et attendre le déroulement des événements nous ramène les deux pieds sur terre. Cette femme médecin était elle-même dans une situation inconnue. Une autre femme, quelques jours avant, chauffeuse de camion disait : « Aujourd’hui les camionneurs et camionneuses nous sommes des héros, demain quand tout cela sera fini, nous redeviendrons des zéros ». Sa réaction en disait gros sur la façon dont elle perçoit le regard des autres sur son métier.

Lorsque tout cela sera derrière nous, j’espère que nous nous rappellerons que nous étions tous et toutes dans le même bateau, que nous devions compter les uns sur les autres, que nous avions eu besoin les uns des autres.

Lorsque tout cela sera derrière nous, j’espère que nous nous rappellerons que nous sommes interdépendants les uns des autres, que cette expérience de pandémie aura touché tout le monde, dans le monde, et ce, sans égard à notre statut social et qu’il n’y a pas de sot métier.

Isabelle Béchard, pastorale sociale
Paroisse Saint-Jean XXIII, Saint-Hubert
Paroisse La Résurrection, Brossard

P.S. Je vous invite à le lire l’article en cliquant sur le lien suivant. Il m’a été référé par une amie. Bonne lecture !
https://www.tribunejuive.info/2020/03/30/bill-gates-lettre-ouverte-que-nous-apprend-reellement-le-virus-corona-covid-19/”>https://www.tribunejuive.info/2020/03/30/bill-gates-lettre-ouverte-que-nous-apprend-reellement-le-virus-corona-covid-19/?

La traversée du désert

Bonjour à tous et toutes,

Je ne suis pas trop « vidéos, Web, réseaux sociaux » mais je peux quand-même vous partager par écrit mes « humbles réflexions », vous en ferez bien ce que vous en voulez par la suite.
Depuis le début de la crise sanitaire actuelle, une image ne cesse de me revenir en tête, celle de la traversée du désert par Jésus. J’ai l’impression qu’individuellement et collectivement nous sommes en plein dedans, la traversée du désert.
Par contre, je ne crois pas que ce soit l’Esprit Saint ou Dieu qui nous envoie ce COVID-19. Individuellement et collectivement nos vies sont parsemées de petits déserts et parfois de gros déserts, ainsi va la vie.
Dans la réalité nous entendons souvent parler des désastres qui se passent ailleurs, entre autres, par les nouvelles télévisées, par les campagnes de Développement et Paix. Depuis quelques années, au Canada et au Québec nous avons connu les inondations, le verglas (pour ne nommer que ceux-là) et maintenant le COVID-19.
La traversée du désert que nous faisons en ce moment sera probablement longue. Elle ne durera pas 40 ans comme pour le peuple hébreux, dans la bible, mais elle a déjà dépassé les 40 jours faits par Jésus dans le désert. Quant aux tentations, elles sont déjà bien présentes. Pensons seulement à notre envie parfois de « sauter » par-dessus une ou deux consignes données par nos gouvernements.
Avant de poser un geste pour répondre à nos besoins individuels nous devrons évaluer l’impact social qu’il aura sur les autres, sur la société. Depuis quelques années le pape François nous parle de protéger notre maison commune, la terre, l’environnement bien entendu, mais cela comprend aussi les êtres humains.
L’expérience individuelle et sociale que nous vivons nous fait passer, et nous fera passer, malheureusement, par toutes sortes de deuils, des petits et des gros, mais nous aurons également droit, heureusement, à de petites et de grosses éclaircies.
Les contraintes individuelles et collectives sont bien présentes en ce moment, mais la situation actuelle est une belle occasion pour apprendre à voir et à faire les choses autrement. Nous vivons dans une société à haute vitesse, n’est-ce pas une belle occasion pour ralentir le pas ?
Quant à la foi, l’intériorité, les expériences spirituelles, elles peuvent aussi se vivent très bien dans le silence de nos foyers.
Il y a eu un « avant » COVID-19 et il y aura un « après » COVID-19, croyons-le ou non. La traversée du désert dans laquelle nous nous trouvons nous ramènera, sans aucun doute, aux choses essentielles, comme dans la bible elle ouvrira le chemin vers une « monde nouveau ». N’est-ce pas là, le propre des chrétiennes et des chrétiens, la foi et l’espérance ?

Allons courage, gardons la foi !

Isabelle Béchard, pastorale sociale,
Paroisse Saint-Jean XXIII,
Paroisse La Résurrection.

Du « Je » au « Nous »

Du « Je » au « Nous »

Nous sommes dans une société où le besoin de reconnaissance personnelle est très présent, pour ne pas dire trop présent. Que faisons-nous de la reconnaissance des partenaires sociaux qui travaillent à l’amélioration des conditions de vie et de travail de l’ensemble des personnes citoyennes ? Pourrions-nous passer de la Reconnaissance du « Je » à la reconnaissance du « Nous » ?

Naturellement, l’être humain cherche à polariser les débats, ce qui accentue la célèbre devise « diviser pour mieux régner ». N’aurions-nous pas avantage à reconnaître nos points de convergences plutôt que de mettre le focus sur nos points divergents ? Ne devrions-nous pas laisser nos égos de côté ?

Je nous souhaite, en ce début d’année, de développer notre capacité à reconnaître l’ensemble des partenaires sociaux qui contribuent à bâtir une société où règne le respect et la dignité humaine. Soulignons, entre autres, le travail des organismes d’entraide internationaux, les organismes communautaires de service et de défense de droits de la personne, les syndicats, les paroisses, les tables de concertations communautaires, les groupes écologiques, les comités de citoyens, l’organisation communautaire des CLSC et les différents paliers politiques.

Travailler en partenariat ça ne veut pas dire être toujours d’accord sur tout. Rappelons-nous, également, qu’apprendre à développer notre capacité à reconnaître les bons coups de nos partenaires et parfois même de nos ennemis ne diminue en rien notre propre apport social. N’est-ce pas cela faire preuve de maturité ?

Aujourd’hui nous avons des spécialistes dans tout. Nous sommes souvent, comme individus et comme groupes sociaux compartimentés. Le partenariat nous donne une vision plus globale du travail à réaliser. La préoccupation pour l’environnement en est un bel exemple. La situation environnementale est de plus en plus, un point rassembleur, entre les différents partenaires sociaux, voire même internationaux. Nous sommes collectivement plus conscients et conscientes de l’état de la planète. Le partenariat exige de passer du « Je » au « Nous ». C’est ce que je « NOUS » souhaite.

Isabelle Béchard, pastorale sociale

La peur mène le monde

La peur mène le monde

L’expression que nous entendons souvent est « l’argent mène le monde ». Ce qui est assez vrai. Par contre, il me semble qu’il serait tout aussi vrai de dire que « la peur mène le monde ». Avez-vous l’impression, parfois, que la peur mène nos vies ?

Enfant, nous avions peur des monstres en dessous de nos lits, de notre première journée au CPE ou à l’école. À l’adolescence, nous avions peur du regard des autres, de nous tromper dans notre choix d’étude, de ne pas réussir sur le plan scolaire, d’entrer dans la vie adulte. Puis, le temps venu, nous avions peur d’intégrer le marché du travail, de nous engager en amour, de ne pas être de bons parents si nous décidions d’avoir des enfants. Enceinte, la mère (et le père) ont souvent peur que l’enfant naisse malade, un peu plus tard qu’il se blesse lors de ses premiers pas, qu’il prenne de mauvais chemins à l’adolescence, qu’il devienne un décrocheur social.

Une chance, il y a quand même des moments d’accalmie, d’une peur à l’autre. Puis, arrive une autre bourrée de peur. La peur d’être malade, la peur de vieillir, de vieillir seul et l’ultime peur, celle de mourir.

Avez-vous déjà pensé au temps que nous perdons à avoir peur ? La peur nous paralyse et nous empêche souvent de vivre, de vivre pleinement. Plusieurs personnes subissent leurs peurs. Par contre, certains d’entre nous apprenons à les gérer en faisant du sport, du yoga, des prières, des thérapies de toutes sortes, en développant certaines habiletés dans les arts. Il faut bien nous libérer de nos peurs.

Comme prix de consolation, sachez par contre que la peur peut aussi nous être utile. Elle nous permet de nous protéger et de protéger les gens que nous aimons. Notre défi est d’apprendre à gérer nos peurs de façon à ne pas les laisser empoisonner nos vies.

Qu’advient-il de nos peurs collectives ? Ce sera le sujet du prochain article.

Isabelle Béchard, pastorale sociale

Qu’advient-il de nos peurs collectives ?

Qu’advient-il de nos peurs collectives ?

Cette question a été soulevée dans le texte précédent, dans lequel nous parlions des peurs individuelles.

Certains ont peur de faire de l’argent, d’autres ont peur d’en manquer. D’où vient ce besoin d’accumuler de l’argent, de gagner des centaines de milliers de dollars, voire des millions, des milliards annuellement, d’accumuler autant de biens matériels quand d’autres ont peu ou rien pour assurer leur survie? Besoin d’être reconnu, de se sentir important, supérieur? Besoin de se réaliser, de passer à l’histoire? Besoin de bâtir un empire, pour qui, pourquoi? Ces questions pourraient être posées aux personnes, aux compagnies, aux gens de la finance, aux dirigeants politiques.

Le problème n’est pas de faire de l’argent, il réside plutôt dans la façon d’y arriver. Le fait-on au détriment de la dignité des personnes, de certains pays ? Que cache ce besoin ?

Nous avons souvent peur des partis politiques qui ne pensent pas comme nous, de l’immigration, des religions, du capitalisme, du communisme, du socialisme, du féminisme, du syndicalisme et j’en passe. Nous avons tellement peur des différences ou des changements que nous développons socialement le monologue au lieu du dialogue. Notre interlocuteur n’a pas le temps de finir son intervention que nous avons déjà préparé notre réponse pour contre-attaquer.

Le Dalaï-lama disait que la seule chose qui ne change pas dans la vie est le changement lui-même. Tout le reste est en changement perpétuel. Nous aurions donc avantage, comme humain, à nous habiliter aux changements, aux différences…

En terminant, je voudrais saluer l’initiative des quatre partis politiques, représentés par Sonia LeBel, Véronique Hivon, Hélène David et Christine Labrie, qui ont dépassé la partisannerie politique pour travailler ensemble à la création d’un tribunal spécialisé dans les crimes sexuels. Ces quatre femmes ont probablement mis certaines de leurs peurs de côté pour passer du « je », leur parti politique respectif, au « nous », le besoin exprimé par des centaines de femmes. Félicitations mesdames !

Isabelle Béchard, pastorale sociale

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