Être des pierres vivantes

Être des pierres vivantes

Dans la 1ere lecture, il est question d’une Église divisée selon des lignes linguistiques et culturelles; une Église qui ne peut pas tenir la promesse d’une communauté où il n’y aurait personne dans le besoin. Nous voyons des chefs trop occupés pour s’occuper de la distribution de nourriture aux veuves. Ce n’est pas une communauté idyllique sans problème. C’est une Église naissante qui est controversée, débordée et confrontée à de graves difficultés. Quand les chemins sont écrits d’avance, ils deviennent vite des prisons. On peut entendre : « Ça s’est toujours fait comme ça; pourquoi changer ? » Cette route-là est toute tracée, mais sans liberté. Ce que nous apprenons dans les Actes c’est qu’il faut user d’imagination quand nos vies en communauté sont confrontées à des difficultés.  Les Douze appellent à un rassemblement. Ils choisissent sept hommes pour assurer une distribution égale de la nourriture, des serviteurs dont les noms et les origines suggèrent qu’ils peuvent être tirés des hellénistes de la communauté. Hélléniste est le nom donné aux Juifs de la Diaspora, par opposition aux Juifs nés en Palestine et dont la langue n’était plus l’arménien, mais le grec. Le conflit se termine par la diffusion de la parole de Dieu et l’augmentation du nombre de disciples à Jérusalem.

Dans la 2ième lecture, Pierre décrit ceux et celles qui sont les croyants et il se tourne vers les problèmes d’identité. Il commence par une puissante image de pierres dans le temple de Dieu. Jésus est la pierre vivante que les croyants et croyantes ont reconnue et dans laquelle ils ont trouvé leur espérance. Mais Jésus est la pierre angulaire rejetée par les gens, pourtant c’est celle qui a la plus grande valeur pour Dieu. On s’imaginer que le royaume de Dieu est comme une réalité très éloignée de notre monde, mais dans sa lettre, Pierre ne suggère pas ça. Pour lui, la révélation du royaume est destinée à se produire ici-bas. C’est ici et maintenant que les chrétiens et chrétiennes sont appelés à être une communauté active, vivante. C’est ainsi que l’Église doit être faite : de pierres vivantes. De plus, nous sommes comme des pierres vivantes dans un temple spirituel.  C’est une communauté spirituelle dont la vocation fondamentale est la proclamation de la bonne nouvelle, non seulement en paroles, mais en actes.

Pierre parle d’une Église où les baptisé.es sont eux-mêmes le lieu de la présence de Dieu, pas une bâtisse. Nous devons donc présenter Dieu à nos contemporains à la manière de Jésus. Souvent, lorsque des personnes rejettent Dieu, ce n’est pas le Dieu de Jésus qu’ils rejettent. Le plus souvent, c’est l’idée qu’ils se font d’un Dieu d’en haut, contrôlant, un Dieu qui nous empêche de penser par nous-mêmes. L’Église doit sans cesse s’adapter aux réalités du monde. Sinon, comment peut-on dire que Jésus est vivant à travers ses disciples d’aujourd’hui ?

Lorsque saint Jean écrit son évangile, plusieurs années après la mort de Jésus, les chrétiens et chrétiennes souffraient de discrimination et de persécution. Ils avaient été chassés des synagogues et avaient perdu le contact avec leurs communautés respectives. Ils étaient considérés comme des ennemis publics par les Romains et comme des hérétiques par leurs compatriotes Juifs. C’était pour eux un temps de grandes souffrances. Dans ce contexte difficile, les paroles réconfortantes de Jésus sont bienvenues : « Ne soyez pas bouleversés. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. »

Dans nos vies, nous vivons parfois des heures semblables à celles des premiers chrétiens et chrétiennes. Des peurs angoissantes s’abattent sur nous, à cause d’un avenir incertain, d’une rupture d’amitié, une perte d’emploi, une maladie incurable, une sérieuse diminution physique qui accompagne la vieillesse, un confinement…

À nos drames individuels, s’ajoutent les craintes collectives : un drame planétaire du nom de Covid-19, le chômage et la perte d’emploi qui en découle, la violence familiale, la faim dans le monde, la pollution, des conflits qui perdurent.

Dans notre Église, la pratique religieuse diminue, les changements se multiplient, les églises se vendent, le clergé ne répond plus aux besoins, un vent de panique gagne même les plus fidèles qui, parfois, ont l’impression que rien ne va plus.

Et pourtant, la «pratique religieuse» consiste avant tout à incarner dans nos vies les exigences de l’Évangile, c’est-à-dire savoir se mettre au service des autres, comme le disait notre évêque Claude Hamelin au début de la pandémie : « En temps de crise, l’Église diocésaine doit ‘demeurer prophétique’, Elle ne doit surtout pas mettre à pied son personnel, mais plutôt l’engager à ce que nous savons faire de mieux, nous mettre au service les uns des autres… Il est inconcevable que le personnel pastoral ne soit pas au premier rang dans la lutte à l’exclusion sociale qu’une telle pandémie risque de créer au sein de notre société… Merci Mgr Claude de nous montrer l’exemple en allant sur le terrain auprès des itinérant.es avec des agent.es de pastorale. Comme Église, il faut s’adapter et créer en fonction de la réalité vécue et des besoins rencontrés sur le terrain. » Parce que la Parole du Seigneur est féconde, qu’elle est chemin de vie, il faut sans cesse répondre aux nouveaux défis qu’elle nous lance.  Suivre le Christ ressuscité, c’est donc s’engager sur un chemin dont nous ne savons pas toujours où il nous emmène, c’est accueillir la Vie avec un grand V. Cela veut dire ne pas rester enfermés dans le passé mais s’ouvrir à l’avenir d’un Dieu qui est Chemin, Vérité et Vie.

Dans l’Église, dans la société quelle sera notre contribution comme pierre vivante ?

AMEN

Hélène

 

LE BON BERGER AUX TEMPS DE CRISE

LE BON BERGER AUX TEMPS DE CRISE

Il était une fois, dans un pays où les gens vivaient heureux.

Tous travaillaient sans arrêt. Leur vie était entre la famille et leur responsabilité.

Et survient une r-u-p-t-u-r-e.

Oui, dans ce pays l’équilibre de vie est rompu.

Un c-h-a-n-g-e-m-e-nt subit, inattendu a frappé le pays.

Tout est devenu noir. La vie est devenue un choix dangereux.

L’imprévu est arrivé : les maisons sont devenues des prisons !

Le pays a été ébranlé par le sentiment d’insécurité.

Je vous raconte cela parce que c’est le même genre de rencontre que fait Jésus le bon Pasteur, tel qu’il nous est rapporté dans l’Évangile du jour.

— Nous pouvons reconnaitre un bon berger SEULEMENT par ses gestes, par ses actes.

— Il connait ses brebis par leur nom, il marche à leur tête ou il va en arrière pour les protéger.

— Elles reconnaissent sa voix, parce qu’elles savent comme il se comporte avec elles.

— Le bon pasteur donne vie aux brebis, et la vie en abondance.

— C’est totalement le contraire du mauvais pasteur, continue St-Jean : il est reconnu par ce qu’il vole.  Le mauvais pasteur veut égorger les brebis, il veut les faire périr à son profit. Il cherche son bénéfice en premier et il ne se préoccupe pas de leur sort, ni de la situation de danger d’autrui. La bergerie court en panique en le voyant arrivé auprès d’elles.

Les crises nous enseignent une phase décisive dans l’évolution de toute société.

Dans les mauvais moments la société a besoin de bons bergers quand le danger arrive.

  • L’histoire présentée au début de cette réflexion est la description des évènements survenus au Québec pendant plus de 34 jours : vous vous rappelez ? Avez-vous des souvenirs de ce pays en temps de crise inattendue comme au mois de janvier de 1998, avec le verglas.
  • Cette crise nous a enseigné que les bons bergers sont ceux qui face aux expériences difficiles agissent et prennent soin de plus nécessiteux.
  • Les bons bergers sont reconnus par leurs actions. Les brebis reconnaissent le bon Pasteur par l’amour qu’il manifeste en actes et gestes de bonté envers elles.
  • La société québécoise a déjà fait face aux dangers et elle en est sortie gagnante grâce aux bons bergers…

« Dans nos vies d’aujourd’hui, comment cette célébration de Jésus le Bon Pasteur nous interpelle-t-elle ?

  • Je vous invite vous, oui, vous qui regardez cette célébration d’action de grâce à devenir un bon pasteur.
  • J’appelle les bergers d’expérience à en témoigner dans leur propre foyer et auprès de leur entourage.
  • Le psaume d’aujourd’hui nous rappelle que : le Seigneur est toujours notre berger et que rien ne saurait nous manquer.
  • Il nous mène vers les eaux tranquilles, et nous conduit par les justes chemins.
  • Nous allons continuer de traverser les ravins de la mort, sans craindre aucun mal, car Dieu est avec nous, il nous guide et nous rassure.
  • Alors, comme Lui, allons aider les gens qui ont besoin de miséricorde.
  • Donnons à celui qui a besoin d’un simple geste, d’un petit plat servi ou apporté chez celui qui vous savez en difficulté.
  • Laissons un petit mot écrit pour encourager les gens qui protègent notre santé, notre sécurité et notre bien-être à l’extérieur de chez nous.
  • Un enfant a dessiné un arc-en-ciel : félicitons-le, dessinons un autre pour nous joindre à son message d’espoir.
  • Prenons le téléphone et intéressons-nous des nouvelles des membres de notre famille, de nos amis, de nos voisins.
  • Nous traverserons cette crise ensemble et nous en sortirons ensemble.
  • Une crise nous aide à développer notre créativité, à faire encore mieux pour notre société. Ainsi nous deviendrons de bons bergers, comme Jésus qui a été le premier messager de l’amour de Dieu pour nous par ses actes, ses gestes et ses mots.

Concluons notre méditation avec l’exhortation de Saint Pierre Apôtre : Convertissons-nous, et que chacun de nous, baptisé au nom de Jésus Christ, agisse au Nom de Dieu pour faire revivre l’espérance à ceux qui en ont besoin.

Amen

Gilmar

Jésus sur nos chemins

3e DIMANCHE DE PÂQUES : JÉSUS SUR NOS CHEMINS

Frères et sœurs,

Nous vous rejoignons une fois de plus par le biais de l’internet pour célébrer avec vous la messe du 3e dimanche de Pâques. Puissiez-vous découvrir Jésus présent à vos côtés comme les deux disciples d’Emmaüs l’ont expérimenté sur le chemin et dans leur maison !

Leur espérance s’évanouit dans la mort tragique de Jésus : “ Nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël ¨. Pour ces deux disciples, Jésus était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple ¨. Cependant, sa mort violente les aveugle et les trouble profondément. Ils ne croient pas aux témoignages des femmes et de leurs compagnons disciples de Jésus comme eux : ¨ des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disait qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu ¨.

Nous nous reconnaissons dans leurs déceptions profondes qui les plongent dans le découragement, dans le désespoir jusqu’à vouloir tout lâcher, tout abandonner. Ils ont tout perdu. Leurs projets, leurs rêves s’évanouissent. Ils sont dans une logique de mort. C’est là que Jésus victorieux de la mort les rejoint et nous rejoint. Il va les amener pas à pas sur un autre chemin, celui du projet du Père.

L’œuvre de Dieu, c’est d’amener l’humanité entière à la gloire éternelle manifestée dans la résurrection de Jésus d’entre les morts, Cet Homme ¨ que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous ¨. L’apôtre Pierre précise dans son témoignage : ¨ Ce n’est pas par des biens corruptibles, l’argent ou l’or, que vous avez été rachetés… ; mais c’est par un sang précieux, celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ ¨.

Jésus reprend avec eux la longue et patiente marche de Dieu et le dévoilement de son mystère, de son œuvre d’amour à travers toute l’Écriture. Par sa présence sur leur chemin et par l’annonce de la parole de Dieu, Jésus touche leurs cœurs et répand ainsi l’Esprit Saint sur eux. Leur cœur devient brûlant tandis qu’il leur parlait sur la route. Il allume en eux quelque chose que rien ne puisse éteindre. Il les fait naître à la vraie foi selon le plan d’amour du Père.

Tout prend alors une nouvelle dimension. La présence de Jésus à leur côté et le dévoilement du mystère d’alliance du Père dans les Écritures transforment leurs déceptions et leurs tristesses en souffle de vie. La grâce de Dieu à l’œuvre éclaire pour eux toute chose d’une lumière nouvelle. Le chemin de désespoir devient ainsi chemin de vie, chemin de salut.

Parce qu’il se fait tard, les disciples d’Emmaüs offrent l’hospitalité à ce Voyageur inconnu : ¨ Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse ¨. Jésus fait de ce geste familier d’accueil la révélation de Dieu lui-même dans sa bienveillance infinie : ¨ Jésus entra donc pour rester avec eux ¨. Plus que dans leur maison, Jésus ressuscité habite leur vie, leur histoire pour toujours : ¨ Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards ¨. Jésus a comblé leur attente, ce qui manquait pour eux aux témoignages des femmes et des compagnons disciples, maintenant, ils peuvent dire : ¨ Lui, nous l’avons vu et reconnu ¨.

C’est le geste de la fraction du pain, en mémoire de la Cène, qui a ouvert définitivement les yeux des disciples d’Emmaüs et qui leur a fait reconnaître Jésus. Sur la route, l’écoute de la parole de Dieu a ouvert leurs yeux. La fraction du pain, l’eucharistie célébrée à la maison a ouvert leur cœur. Forts de cette rencontre avec Jésus le ressuscité, ils ont repris la route de Jérusalem, ils ont rejoint la communauté des disciples – ¨ les onze Apôtres et leurs compagnons ¨. Ils peuvent proclamer ensemble et nous laisser ce témoignage de foi : ¨ Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre ¨.

Ce 3e dimanche de Pâques offre aux croyants de tous les temps les éléments fondamentaux de la foi en Jésus ressuscité. Il est présent avec nous sur nos chemins traversés par toutes sortes de réalité, comme aujourd’hui, nos chemins marqués par la peur, la maladie, le deuil. Il est notre compagnon dans les événements les plus tragiques, nos questionnements les plus profonds. Il nous offre le passage par l’Écriture pour nous laisser brûler le cœur par le feu de l’Esprit Saint. Il transforme nos gestes les plus familiers en occasion de salut, en rencontre joyeuse avec l’Amour du Père. Il s’offre à nous dans le don total de lui-même : ¨ Ceci est mon corps, prenez et mangez… Ceci est mon sang, prenez et buvez... ¨ Par l’accueil de ce don, nous sommes consacrés témoins de sa vie de ressuscité pour un engagement réel auprès des personnes que nous rencontrons tant sur nos routes qu’autour de notre table.

Oui, encore aujourd’hui, Jésus est avec nous sur nos chemins et dans nos maisons.

Bon dimanche !

Fraternellement Walnès !

 

 

UNE MISSION DE MISÉRICORDE 

2e DIMANCHE DE PÂQUES 2020 : UNE MISSION DE MISÉRICORDE 

Frères et sœurs,

Au début de la crise causée par la pandémie du coronavirus, nous croyions que les activités normales reprendraient le lendemain de Pâques. Beaucoup se faisaient alors des plans de sortie du confinement.Mais, des mises à jour successives nous font réaliser qu’il faut encore user de patience et de prudence pour notre plus grand bien et pour la protection de nos êtres les plus chers. En ce dimanche de la miséricorde, nous vous portons dans nos prières ainsi que les personnes éprouvées par la maladie et le deuil.

La situation décrite dans l’Évangile du jour est très proche de notre confinement : ¨…les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs¨… Ils craignaient la mort. Même s’ils ont déjà vécu les événements du matin de Pâques : la visite de Marie Madeleine au tombeau, suivie de celle de Pierre et de Jean, la menace de mort pesait lourdement sur leur foi naissante en la résurrection de Jésus. 

Il a fallu la rencontre personnelle avec Jésus le vivant pour ouvrir dans leur cœur le souffle d’une vie nouvelle : ¨Jésus vint, et il était là au milieu d’eux¨. ¨Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur¨. Le Christ ressuscité, malgré les marques de la crucifixion, transforme ainsi la peur et l’angoisse de ses disciples en joie. 

C’est là lexpression de la miséricorde du Père : faire passer de la peur à la joie, ouvrir dans les cœurs de nouveaux chemins, susciter l’espérance. L’apôtre Pierre développe pour nous ce don merveilleux que Dieu nous fait : ¨ Dieu le Père de notre Seigneur Jésus Christ, dans sa grande miséricorde nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure¨. 

Pour les rendre accueillants à ce don, Jésus communique la paix à ses disciples et les fait communier à son monde de gloire. Il les consacre messagers de l’amour miséricordieux de Dieu pour l’humanité tout entière : ¨ De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie… Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis, à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ¨. Jésus leur communique son Esprit et les envoie pour faire triompher l’amour sur la haine, guérir les rancœurs les uns à l’égard des autres, faire advenir de nouvelles relations fondées sur la solidarité vraie et le respect des personnes et de leur dignité. À travers le pardon donné et reçu, se manifeste encore réellement la victoire du Christ sur le mal et ses conséquences néfastes pour nous et pour les nôtres. 

Les disciples du Christ doivent témoigner par leur vie de la miséricorde du Père qui veut libérer ses enfants de toutes les entraves, de tout ce qui les prive de leur dignité : ¨ C’est par l’amour que vous avez les uns pour les autres que vous montrerez que vous êtes vraiment mes disciples¨. Dieu est du côté où tout renaît, où tout reprend vie, où l’espérance fait toutes choses nouvelles : ¨ Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves. Vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut qui est l’aboutissement de votre foi ¨, exhorte l’apôtre Pierre. 

Habitées par cette puissance de vie, les premières communautés chrétiennes, partout où elles étaient, en dépit des persécutions, des menaces de mort et même de la mise à mort de certains de ses membres, ¨ étaient assidus à l’enseignement-témoignage des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières ¨. Ces hommes et ces femmes ont inscrit ainsi à tout jamais dans l’histoire l’ADN de tout disciple-serviteur comme fondement et manifestation de notre appartenance au Christ.  

La grâce de la résurrection du Christ, c’est-à-dire sa miséricorde, est donc à l’œuvre dans notre histoire personnelle et communautaire. L’appel aux personnes formées dans les soins de santé et leurs réponses, ceux et celles assurant les services essentiels dans leurs communautés, ceux et celles qui font l’épicerie pour nos aînés et les malades, ceux et celles qui les soutiennent par un appel ou un courriel, les parents auprès de leurs enfants confinés à la maison, les amis, les artistes… témoignent de la présence du Christ qui console, essuie les larmes, redonne de l’espoir et encourage à garder le moral malgré toutes les difficultés du moment. 

Les événements que nous vivons nous privent certes de nos rassemblements liturgiques mais ils nous exigent de faire œuvre de miséricorde auprès des nôtres. Cela prendra le temps qu’il faudra pour imprégner l’amour du Christ en nous et en eux. À Jésus qui lui dit : ¨ cesse d’être incrédule, sois croyant ¨, Thomas proclame alors et nous avec lui : ¨ Mon Seigneur et mon Dieu ! ¨ Jésus lui a fait passer de la peur à la joie, du doute à la reconnaissance du Seigneur et Maître de la vie. Nous pouvons vraiment dire encore aujourd’hui : ¨Jésus, j’ai confiance en toi¨. 

Pour nous aussi, grâce au Dieu de la miséricorde infinie, la joie surgira de l’autre côté de nos peurs et de nos inquiétudes. L’Amour éternel de Dieu va jusque-là. 

Bon dimanche de la miséricorde ! 

Fraternellement, Walnès !

Dimanche de Pâques

PÂQUES 2020 : CÉLÉBRATION DE LA RÉSURRECTION DU SEIGNEUR

Frères et sœurs,

Le jour que fit le Seigneur est un jour de joie, Alléluia !

Cette annonce retentit dans notre vie assombrie par la pandémie du coronavirus. Plus que jamais nous sommes envahis par les nouvelles de maladie et de mort partout à travers le monde. Notre niveau d’inquiétude atteint chaque jour de nouveaux sommets. Nous avançons selon l’avis des spécialistes d’ici vers le pic de la contagion.

La réalité que nous vivons ressemble étrangement à celle des disciples de Jésus après sa crucifixion et sa mort. Ils ont perdu un être cher, un ami qui, là où Il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient confrontés à toutes sortes d’épreuves.

Confrontés à ce moment ténébreux, les disciples se sont réfugiés dans la peur. Un simple geste d’ami de la part de Marie Madeleine, se rendant au tombeau de grand matin pour embaumer le corps de Jésus, fut le début du plus grand renversement dans le monde. Elle s’aperçoit que la pierre avait été enlevée du tombeau. Elle court trouver Pierre et Jean pour leur dire : On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. Quelque chose d’inédit surgit dans l’histoire.

Parce qu’Il est bon, parce qu’Éternel est son amour, Dieu a réalisé pour l’humanité tout entière la plus grande des merveilles : Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, nous dit l’apôtre Pierre, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts… Dieu lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts. C’est la merveille la plus éclatante de l’histoire, la Lumière a vaincu les ténèbres. Dieu a dissipé les ténèbres du monde.

La résurrection de Jésus nous appelle à ne pas nous accommoder des germes de mort dans notre vie, mais à garder vivante en nous la mémoire de notre salut. Librement, Dieu en Jésus-Christ a pris sur Lui tout ce qui nous démolit, tout ce qui fait désespérer de la vie et de ses nombreux défis souvent insurmontables. Il nous donne rendez-vous devant le tombeau vide pour nous accompagner dans la recherche de son Fils sorti victorieux de la mort. C’est toujours à travers des signes humbles que Dieu nous éclaire de l’intérieur et nous fait le don de la foi. L’Événement le plus grand de l’humanité a pour seuls repères : le tombeau vide sans le corps, les linges posés à plat, le suaire qui avait entouré la tête de Jésus. C’est là le langage de Dieu pour nous faire grandir dans l’amour.

Ressuscités avec le Christ, parce que nous sommes les membres de son corps, nous sommes passés par la mort avec Lui. Notre vie reste cachée en Lui en dépit des grandes peurs qui nous tenaillent. Depuis l’Événement-Résurrection de Jésus nous proclamons que la vie est plus forte que la mort. Nous sommes invités à le manifester par notre vie et à ne jamais douter de la puissance de la Lumière qui finira par dissiper les ténèbres de toutes sortes.

Baptisés en Jésus, nous vivons de sa vie ! Sa vie de ressuscité ! Faisons de notre vie une lumière pour les autres qui cherchent à tâtons un sens à la leur, une eau qui désaltère. Dieu se révèle souvent à travers des signes humbles, des gestes simples mais porteurs de joie et d’espérance. Votre témoignage de foi dans le Christ ressuscité peut faire toute une différence en ce temps de pandémie. Notre confinement à la maison peut être un moment de salut pour nous et pour les nôtres. Ce que nous regardons à la télévision ou sur internet, ce que nous lisons et méditons, ceux que nous échangeons au téléphone ou par courriels, peuvent être un humble de témoignage de notre foi en Jésus ressuscité. Qui sait ?

Joyeuses Pâques à vous et aux vôtres ! La lumière du Christ ressuscité brille sur nous à jamais.

Fraternellement,

Walnès

DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR

HOMÉLIE-5 AVRIL 2020
Par Walnès St-Clair

Frères et sœurs,

Avec la célébration du Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, nous entrons dans la Semaine Sainte, dans la commémoration du Mystère Pascal.
Cette année 2020, nous vivons un événement inédit dans l’histoire récente de l’humanité : une pandémie du coronavirus. Notre quotidien et nos relations interpersonnelles portent fortement l’empreinte de cette pandémie. Le compteur de décès et de personnes infectées par le virus tourne à plein régime, les chiffres sont alarmants parce que derrière chacun d’eux il y a la vie d’une personne. La peur de la mort hante notre esprit, des cris d’angoisse s’élèvent de toutes parts à travers le monde. La mort semble victorieuse…
Malgré cette pandémie de la COVID-19, la célébration du Mystère Pascal en cette année 2020 nous rappelle encore une fois l’Alliance éternelle de Dieu avec l’humanité, qui est une alliance de vie et de vie en abondance.
Je veux méditer avec vous l’image du Serviteur-disciple qui nous décrit la proximité de Dieu avec son peuple : Chaque matin, il éveille mon oreille… Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille. C’est là la source de la persévérance du serviteur-disciple, et de tout croyant : l’écoute de la parole de Dieu.
C’est là aussi l’origine de sa mission qui découle de cette parole écoutée dans le creux de l’oreille et dans la chaleur du cœur : Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. C’est une mission de compassion auprès de ceux qui vivent de lourdes épreuves. Face aux difficultés inhérentes à cette mission de réconfort, le disciple que nous sommes n’a qu’une conviction : Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours… je sais que je ne serai pas confondu.
Frères et sœurs, telle est l’attitude que la liturgie du Dimanche des Rameaux nous propose pour entrer dans la Semaine Sainte, pour célébrer le Mystère Pascal : nous appuyer de façon inconditionnelle sur la fidélité de Dieu qui veut la vie pour ses enfants et qui les accompagne dans leurs combats acharnés contre toutes formes de morts.
Jésus est ce serviteur totalement tourné vers le Père. La lecture de la Passion détaille pour nous les outrages, les injures qu’il a subis ; mais sa confiance dans la fidélité du Père reste inébranlable. Dans son cri : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Il englobe tous les cris qui surgissent de partout et à chaque moment difficile de l’histoire. Il révèle à tous ceux qui souffrent que le Père est concerné dans leurs épreuves aussi lourdes soient-elles. Il est solidaire de nos larmes et de nos cris. Il l’a manifesté tout au long de son ministère terrestre à travers ses gestes de bonté : Il a soutenu d’une parole celui qui est épuisé.
Oui, il en a sauvé d’autres de la mort : la fille de Jaire, le fils de la veuve, son ami Lazare. Il annonçait ainsi que Dieu est le Maître de la vie, il annonçait son propre triomphe sur la mort. Les signes de victoire, décris par l’Évangéliste Matthieu à la fin du récit de la Passion, constituent l’annonce du monde nouveau inauguré par la mort de Jésus. Le monde de gloire commence par le cri de foi du centurion : Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu, présent dans l’histoire et solidaire de toutes nos situations et de nos combats.
Méditer la passion de Jésus en ce temps de pandémie fait résonner en nous le message des béatitudes : Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés. Oui, ils seront consolés par la foule de témoins du Dieu de la vie qui mènent un combat acharné contre la COVID-19 : les spécialistes et le personnel des soins de santé, les bénévoles engagés dans l’humanitaire, les assoiffés de nouvelles de leurs proches, de leurs voisins, des personnes seules. Ils seront consolés par la solidarité vraie entre les nations habitant la même maison commune.
La victoire de Jésus sur la mort est aussi nôtre. Elle est le don d’alliance que le Père a établie avec nous pour toujours dans sa grande bonté : nous sommes faits pour la vie et pour vivre ensemble les angoisses et les joies, les espoirs et les défis de toutes sortes. Qui cherche trouve, nous dit Jésus. La collaboration des scientifiques à travers le monde finira par cerner les contours et les mutations rapides de la COVID-19 POUR LA PLUS GRANDE GLOIRE DE DIEU ET POUR LE SALUT DU MONDE.

AMEN

Homélie du 5e dimanche du Carême 2020

Homélie du 5e dimanche du Carême 2020

DIMANCHE 29 AVRIL 2020
5e DIMANCHE DE CARÊME : LAZARE, VIENT DEHORS !

Frères sœurs,
Je vous rejoins une fois encore au moyen de l’internet. Je vous assure de ma prière quotidienne et de mon désir ardent de célébrer notre foi en communion profonde avec vous tous. J’implore sur vous et les vôtres le secours et la miséricorde infinie du Père.
Nous sommes témoins impuissants du nombre de personnes atteintes ou mortes de la pandémie du coronavirus ici et ailleurs dans le monde. Nous sommes interpelés à la vigilance de façon constante et responsable, pour nous protéger nous-même et les personnes autour de nous, être solidaires dans notre volonté de vivre.
La parole de Dieu en ce dimanche nous invite à méditer sur la vie, notre vie confrontée à des défis qui la menacent dans son essence la plus profonde. À accueillir aussi la bienveillance de Dieu à notre égard et les merveilles de la foi.
Pour Israël en proie à l’exil comparé à la mort, Dieu s’engage à le faire revenir sur sa terre : Vous saurez que je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple… Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Israël avait pour seul recours la fidélité de Dieu à sa promesse. Dieu a tenu parole. Une parole éternelle qui se répète de générations en générations tout au long de l’histoire dans des circonstances extrêmement difficiles. Dieu ouvre toujours avec nous et devant nous de nouveaux chemins parce qu’Il est de tous nos combats pour la vie. Son Esprit nous fait vivre, nous donne la ténacité d’aller jusqu’au bout et d’anticiper la lumière qui se lève.
Face à la maladie et à la mort de Lazare, Dieu se révèle le Maître de la vie. Au message de Marthe et de Marie : Seigneur, celui que tu aimes est malade, Jésus répond : Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. La gloire de Dieu c’est la manifestation de sa présence d’amour là ou de façon immédiate nous ne l’attendions pas. Trouver Dieu là ou ceux que nous aimons sont en souffrance fait appel à notre foi, la lumière qui nous vient du souffle de son Esprit qui habite en nous.
Devant la maladie et la mort, Jésus nous fait grandir dans la foi. Il nous rejoint là où nous sommes. À Marthe qui lui dit : Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort… Jésus lui répond : Ton frère ressuscitera. Non pas au dernier jour, mais maintenant, car la présence même de Jésus est la résurrection : Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Tel est le don que Dieu nous fait devant le drame épouvantable de la maladie et la mort : la grâce de croire en Lui. Sa puissance est vie qui nous voir l’avenir avec optimisme.
Le Seigneur nous conduit ainsi au-delà de nos limites humaines et nous introduit dans son monde de gloire. Il s’unit totalement à notre être éprouvé et en souffrance, il pleure et met à l’œuvre sa puissance d’amour. Comme pour Lazare, Il nous sort de nos tombeaux. Après avoir prié le Père, Jésus cria d’une voix forte : Lazare vient dehors ! Et le mort sortit…
À la manière de Jésus, nous élevons vers notre Père nos cris de douleurs, nos angoisses, nos peurs. Nous prions sans cesse pour nous, les nôtres, notre monde. Nous communions à la fatigue des parents, à l’épuisement du personnel soignant et des aidants naturels. Nous partageons les inquiétudes et le questionnement de nombreuses personnes mises à pied et de celles qui perdent leurs repères dans notre monde en plein bouleversement. Dans le silence de nos cœurs, laissons aussi retentir la voix de Jésus qui nous appelle à sortir de nos tombeaux !
Frères et sœurs, le pape François pose constamment des gestes qui nous invitent à approfondir notre foi chrétienne comme puissance d’amour et de service au cœur de nos communautés. La foi comme force agissante nous relie au Seigneur des vivants et nous fait rejeter ce qui conduit à la mort en nous et autour de nous. Notre vie sociale est chambardée certes, mais nous avons en nous des ressources insoupçonnées de bienveillance et d’humanité pour nous tourner vers l’avenir du Royaume de Dieu qui se réalise sous nos yeux dans la tourmente actuelle. Dans chaque combat pour sauver une vie Dieu est là.
Notre évêque, Mgr Hamelin, nous demande d’être une église prophétique et audacieuse, signe de Celui qui a vaincu la mort, ou chaque geste suscite l’espoir et ou chaque parole devient souffle de vie. Puisque l’Esprit de Dieu habite en nous… le Christ est en nous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort… celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à nos corps mortels par son Esprit… Alors, chantons avec foi :
Tournés vers l’avenir nous marchons vers ta lumière, Fils du Dieu vivant.
Tournés vers l’avenir comme un peuple qui espère le soleil levant !

Que Dieu vous bénisse ainsi que les vôtres !
Bon dimanche !
Walnès St-Clair, prêtre

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