Capable du meilleur et du pire

Cette semaine, j’ai eu une baisse d’énergie. Je le sais que dans chaque humain, il y a « un côté sombre et un côté givré » que l’humain est capable du meilleur et du pire mais j’ai parfois tendance à l’oublier. C’est souvent en période de crise que ces attitudes humaines diamétralement opposées s’éveille. Je me suis demandée comment se fait-il qu’en pleine crise humanitaire le gouvernement Legault devait négocier ou promette des hausses de salaires pour s’assurer la collaboration des personnes œuvrant dans les services essentiels ? J’avais l’impression de nager en plein marchandage économique de « l’offre et la demande ». Je m’explique : il y avait pénurie de main d’œuvre dans le milieu de la santé avant la pandémie, cette pénurie est encore plus apparente au sein même de la crise sanitaire. Pour inciter les gens à apporter leur aide, le premier ministre s’est engagé à ajuster des salaires, de part et d’autre.

Comprenez-moi bien, je ne suis pas contre les augmentations de salaire, je pense par contre que ce n’est pas le temps en pleine pandémie de négocier des salaires pour les raisons suivantes : 1. L’urgence première est d’aider le monde lorsqu’il y a un feu, l’objectif premier est de l’éteindre. 2. Les négociations dans un contexte de crise se font rapidement et nous empêchent de prévoir les effets collatéraux des décisions que nous prenons. 3. Les effets collatéraux fonds boules de neige et tous veulent leur part du gâteau, dans le cas qui nous préoccupe ce sont les salaires.

Entre vous et moi, même si on offrait de payer un prix exorbitant pour stimuler les personnes à travailler, comme par exemple dans un CHSLD, cela ne les protégerait pas de la possibilité de contracter le COVID-19 ou d’une mort imminente. L’argent ne règle pas tout.

Autre chose, comment se fait-il que certains types de travail en temps normal soit moins valorisés et qu’au cours d’une pandémie ces derniers deviennent si importants ? Prenons par exemple le travail d’une personne préposée aux bénéficiaires, des responsables de l’entretien ménager, des commis dans les dépanneurs, pour ne nommer que ces exemples. C’est ici qu’entre en ligne de compte le principe de l’offre et de la demande. La rareté se paie et c’est un peu ça qui me désespère. J’ai l’impression que nous utilisons le drame humain, le chaos social pour tirer profits de la situation. Je me répète, je ne suis pas contre les augmentations de salaire et je considère que toutes les professions et tous les secteurs d’emplois devraient être justement traiter et rémunéré car il n’y a pas de sots métiers, par contre, il serait préférable que les négociations soient faites dans un contexte hors pandémique.

D’une part, je reconnais positivement la gestion de la crise fait par le gouvernement du Québec. Nous sommes témoins du travail de haut niveau fait par le premier ministre Legault, madame Danielle McCann, ministre da la Santé et des Services Sociaux ainsi que du directeur de la Santé Publique, docteur Horacio Arruda. D’autre part,  lorsque la pandémie sera derrière nous, j’espère que François Legault fera sienne la devise du Québec : Je me souviens.

Je souhaite que notre premier ministre se rappelle l’apport de l’ensemble des personnes à la société québécoise durant cette pandémie. L’argent ne règle pas tout mais les écarts disproportionnés entre certaines professions et dans plusieurs secteurs d’emplois est une atteinte à la dignité humaine. Toute personne qui travail devrait être capable de combler ses besoins de bases, ses besoins essentiels. J’espère que le gouvernement Legault se souviendra de cela lorsque ça sera le temps de passer aux tables de négociation, lorsque ça sera le temps d’augmenter le salaire minimum. Je souhaite également que certaines corporations et ordres professionnelles se penchent sur cette question : l’indécence de certaines rémunérations. Je peux très bien comprendre que certaines professions ou secteurs d’emplois soit plus rémunérés que d’autre mais cela ne doit pas, à mon sens, devenir indécent et c’est cette indécence-là qui porte atteinte à la dignité humaine dans notre société.

L’humain est capable du meilleur et du pire. Après ma baisse d’énergie et ma déception face à certaines situations sociales actuelles, je suis tombée sur des articles qui mon réconcilier avec l’humanité, car il y a vraiment du bon monde. Pour ceux et celles qui n’ont pas eu la chance de les lire vous pourrez les consulter en vous référant aux liens plus bas.

Bonne lecture !

Isabelle Béchard, pastorale sociale,

Paroisse Saint-Jean XXIII, paroisse La Résurrection.

 Cliquer sur les liens suivants :

https://lp.ca/aTGeYY

https://lp.ca/w3JXTh