Du « Je » au « Nous »

Nous sommes dans une société où le besoin de reconnaissance personnelle est très présent, pour ne pas dire trop présent. Que faisons-nous de la reconnaissance des partenaires sociaux qui travaillent à l’amélioration des conditions de vie et de travail de l’ensemble des personnes citoyennes ? Pourrions-nous passer de la Reconnaissance du « Je » à la reconnaissance du « Nous » ?

Naturellement, l’être humain cherche à polariser les débats, ce qui accentue la célèbre devise « diviser pour mieux régner ». N’aurions-nous pas avantage à reconnaître nos points de convergences plutôt que de mettre le focus sur nos points divergents ? Ne devrions-nous pas laisser nos égos de côté ?

Je nous souhaite, en ce début d’année, de développer notre capacité à reconnaître l’ensemble des partenaires sociaux qui contribuent à bâtir une société où règne le respect et la dignité humaine. Soulignons, entre autres, le travail des organismes d’entraide internationaux, les organismes communautaires de service et de défense de droits de la personne, les syndicats, les paroisses, les tables de concertations communautaires, les groupes écologiques, les comités de citoyens, l’organisation communautaire des CLSC et les différents paliers politiques.

Travailler en partenariat ça ne veut pas dire être toujours d’accord sur tout. Rappelons-nous, également, qu’apprendre à développer notre capacité à reconnaître les bons coups de nos partenaires et parfois même de nos ennemis ne diminue en rien notre propre apport social. N’est-ce pas cela faire preuve de maturité ?

Aujourd’hui nous avons des spécialistes dans tout. Nous sommes souvent, comme individus et comme groupes sociaux compartimentés. Le partenariat nous donne une vision plus globale du travail à réaliser. La préoccupation pour l’environnement en est un bel exemple. La situation environnementale est de plus en plus, un point rassembleur, entre les différents partenaires sociaux, voire même internationaux. Nous sommes collectivement plus conscients et conscientes de l’état de la planète. Le partenariat exige de passer du « Je » au « Nous ». C’est ce que je « NOUS » souhaite.

Isabelle Béchard, pastorale sociale

La peur mène le monde

 

L’expression que nous entendons souvent est « l’argent mène le monde ». Ce qui est assez vrai. Par contre, il me semble qu’il serait tout aussi vrai de dire que « la peur mène le monde ». Avez-vous l’impression, parfois, que la peur mène nos vies ?

Enfant, nous avions peur des monstres en dessous de nos lits, de notre première journée au CPE ou à l’école. À l’adolescence, nous avions peur du regard des autres, de nous tromper dans notre choix d’étude, de ne pas réussir sur le plan scolaire, d’entrer dans la vie adulte. Puis, le temps venu, nous avions peur d’intégrer le marché du travail, de nous engager en amour, de ne pas être de bons parents si nous décidions d’avoir des enfants. Enceinte, la mère (et le père) ont souvent peur que l’enfant naisse malade, un peu plus tard qu’il se blesse lors de ses premiers pas, qu’il prenne de mauvais chemins à l’adolescence, qu’il devienne un décrocheur social.

Une chance, il y a quand même des moments d’accalmie, d’une peur à l’autre. Puis, arrive une autre bourrée de peur. La peur d’être malade, la peur de vieillir, de vieillir seul et l’ultime peur, celle de mourir.

Avez-vous déjà pensé au temps que nous perdons à avoir peur ? La peur nous paralyse et nous empêche souvent de vivre, de vivre pleinement. Plusieurs personnes subissent leurs peurs. Par contre, certains d’entre nous apprenons à les gérer en faisant du sport, du yoga, des prières, des thérapies de toutes sortes, en développant certaines habiletés dans les arts. Il faut bien nous libérer de nos peurs.

Comme prix de consolation, sachez par contre que la peur peut aussi nous être utile. Elle nous permet de nous protéger et de protéger les gens que nous aimons. Notre défi est d’apprendre à gérer nos peurs de façon à ne pas les laisser empoisonner nos vies.

Qu’advient-il de nos peurs collectives ? Ce sera le sujet du prochain article.

 

Isabelle Béchard, pastorale sociale

 

Qu’advient-il de nos peurs collectives ?

 

Cette question a été soulevée dans le texte précédent, dans lequel nous parlions des peurs individuelles.

Certains ont peur de faire de l’argent, d’autres ont peur d’en manquer. D’où vient ce besoin d’accumuler de l’argent, de gagner des centaines de milliers de dollars, voire des millions, des milliards annuellement, d’accumuler autant de biens matériels quand d’autres ont peu ou rien pour assurer leur survie? Besoin d’être reconnu, de se sentir important, supérieur? Besoin de se réaliser, de passer à l’histoire? Besoin de bâtir un empire, pour qui, pourquoi? Ces questions pourraient être posées aux personnes, aux compagnies, aux gens de la finance, aux dirigeants politiques.

Le problème n’est pas de faire de l’argent, il réside plutôt dans la façon d’y arriver. Le fait-on au détriment de la dignité des personnes, de certains pays ? Que cache ce besoin ?

Nous avons souvent peur des partis politiques qui ne pensent pas comme nous, de l’immigration, des religions, du capitalisme, du communisme, du socialisme, du féminisme, du syndicalisme et j’en passe. Nous avons tellement peur des différences ou des changements que nous développons socialement le monologue au lieu du dialogue. Notre interlocuteur n’a pas le temps de finir son intervention que nous avons déjà préparé notre réponse pour contre-attaquer.

Le Dalaï-lama disait que la seule chose qui ne change pas dans la vie est le changement lui-même. Tout le reste est en changement perpétuel. Nous aurions donc avantage, comme humain, à nous habiliter aux changements, aux différences…

En terminant, je voudrais saluer l’initiative des quatre partis politiques, représentés par Sonia LeBel, Véronique Hivon, Hélène David et Christine Labrie, qui ont dépassé la partisannerie politique pour travailler ensemble à la création d’un tribunal spécialisé dans les crimes sexuels. Ces quatre femmes ont probablement mis certaines de leurs peurs de côté pour passer du « je », leur parti politique respectif, au « nous », le besoin exprimé par des centaines de femmes. Félicitations mesdames !

 

Isabelle Béchard, pastorale sociale

Paroisse La Résurrection

A-t-il pris congé ?

Il fut un temps où on nous accueillait dans les endroits publics avec un sourire, un bonjour et avec un : « Puis-je vous aider ? » Le vouvoiement avait sa place.  À cette époque, « le client avait toujours raison ». Bien que certains d’entre nous trouvions que cette devise était un peu excessive, nous ne pouvons nier que le savoir-vivre avait une place de choix. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le civisme a-t-il pris congé ?

La liste des manques de savoir-vivre est longue. Je vous partage quelques contrariétés de mon entourage ainsi que mes propres irritants. Dans plusieurs commerces, restaurants et autres endroits, nous avons parfois l’impression de déranger. Je reste toujours surprise de voir quelqu’un jeter des déchets par la fenêtre de sa voiture ou les lancer à côté de la poubelle publique. D’autres prennent deux places de stationnement pour une seule voiture. Certains laissent les crottes de leur chien sur la pelouse des voisins ou leur sac près des poteaux ou des puisards. Dans les transports en commun, les gens déposent leurs pieds sur les sièges, même l’hiver avec leurs bottes pleines de neige. Avez-vous remarqué aussi comment certaines personnes prennent les endroits publics pour un immense « crachoir »? Cracher en marchant, en bicyclette, en voiture, en moto, avant d’entrer ou en sortant du restaurant. En voiture le doigt d’honneur est souvent à l’honneur, certains sortent même de leur auto pour régler leur compte, vous connaissez la suite… Je demeure sur une rue à sens unique, régulièrement les voitures circulent dans le sens contraire. Lorsque je signale aux conducteurs qu’ils se déplacent dans le mauvais sens j’ai droit au DOIGT, pourquoi ?

Les valeurs sont en mutation, mais le respect de la dignité humaine, de soi-même, des autres, du bien d’autrui et du bien commun auront toujours leur place. Nous sommes passés d’une société trop stricte à une société trop permissive. Je nous souhaite le juste retour du balancier et j’ai hâte que le civisme revienne de son congé. Et vous ?

Isabelle Béchard, pastorale sociale

Paroisse La Résurrection ­

Notre-Dame-du-Sacré-Coeur

5811 Avenue Auteuil

Notre-Dame-de-Bonsecour

1784 Ch des Prairies

Centre communautaire La Résurrection

7685 Boul Milan

La MESA

2190 Rue André

Contactez-nous!

N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires et questions.

La paroisse La Résurrection de Brossard.

La paroisse catholique La Résurrection fait partie du Diocèse Saint-Jean Longueuil et couvre le territoire de la ville de Brossard. Le secrétariat est situé au 5811 Auteuil, Brossard J4Z 1M9 Le numéro de téléphone principal est le 450.445-7124

© 2018 La Paroisse catholique La Résurrection de Brossard.