Conte biblique 2019

JUSQU’OÙ ME SUIVRAS-TU?

(D’après l’Évangile de Luc 4, 1-13)

 

Introduction pour la présentation du conte : 

Aujourd’hui en ce dimanche qui débute la Semaine de la Parole, nous entendrons l’Évangile sur forme de conte biblique.

Un conte biblique est une interprétation qui s’appuie sur les éléments essentiels du récit et un enjeu théologique qui a guidé sa composition.

Le conte que nous allons entendre, est une interprétation du récit très connu des tentations de Jésus au désert, dans l’Évangile de Luc.

Dès le début de son Évangile, Luc affirme son intention.  Il n’écrit pas pour renseigner les curieux mais pour consolider et approfondir la foi de chrétiens déjà engagés sur les pas du Christ.  Il s’adresse affectueusement à son cher ami Théophile dont le nom signifie « aimant-Dieu ».

Luc cherche à introduire Théophile au parcours par lequel le Christ Jésus est passé.  Pendant toute sa vie Jésus est resté bien enraciné dans sa mission sans se laisser détourner par celui qu’on appelle le tentateur ou le diable qui essaie de le séparer de Jésus son Père (le mot diable vient du grec « diabolos » qui veut dire : le diviseur).

Le conteur (ou la conteuse) que l’on s’apprête à écouter, prendra le rôle de Luc lui-même qui s’adresse à son ami Théophile, donc à nous.

 

 

 

Mon cher Théophile

Toi que je me plais à appeler « aimant-Dieu », tu sais combien j’ai à cœur de t’aider à mieux connaître et à suivre le Christ, depuis que tu l’as découvert comme Seigneur et Sauveur.

Moi Luc, je désire te transmettre ce que j’ai reçu à travers les multiples témoignages recueillis sur Jésus, afin que tu puisses voir comment il a été conduit par l’Esprit tout au long de sa vie.

Tu sais Théophile, sa vie, n’a pas été comme un long fleuve tranquille.  Bien au contraire on pourrait plutôt la comparée à un long passage au désert, au cours duquel il fut tenté, comme nous le sommes tous et toutes. Il a traversé des épreuves semblables aux nôtres.  Toi qui désires suivre le Christ, ne crains pas de mettre tes pas dans les siens car Jésus a voulu devenir pour chacun et chacune de nous le Chemin éclairant nos propres déserts.

 

Mais commençons par le début …

À l’époque de l’empereur Tibère, sur les bords du Jourdain, survint un étrange bonhomme qu’on appelait Jean le Baptiste. Sur la rive du fleuve, juché sur une grosse pierre, il interpellait les passants.  Sa voix résonnait dans le désert : « Préparez le chemin du Seigneur! Convertissez-vous, changez de vie. Le Royaume de Dieu est tout proche! »[2]

En signe de repentir, les foules venaient vers Jean pour être plongées dans l’eau du Jourdain et être lavées de leur fautes.  Un homme s’était mêlé à la foule. Il s’appelait Jésus.  Il arrivait de Nazareth en Galilée. Il s’était avancé avec le reste du peuple. Comme les autres, il s’était laissé immerger dans les eaux du Jourdain. Jésus fut plongé dans le Jourdain, ce fleuve que le peuple hébreu avait traversé, bien des siècles auparavant, pour entrer en Terre Promise.  C’est de là, en quelque sorte que sa mission a débuté.  C’est à partir de là que Jésus, rempli de l’Esprit qui l’animait, fut consacré dans sa mission d’envoyé du Père, pour révéler la venue du Règne de Dieu.

Une voix avait résonné fort en lui pour lui confirmer qu’il était le Fils bien-aimé du Père.  C’est cela qui lui apporta la force d’affronter tout ce qui a suivi.

Guidé par le Souffle divin, Jésus a pris alors le chemin de sa mission :  chemin aride comme un désert parsemé d’embuches et de tentations.

Tu sais Théophile le combat que Jésus a livré contre le tentateur, je te le raconte de manière imagée mais c’est pour que tu y reconnaisses le combat de toute sa vie.  Ce combat c’est celui de notre humanité qui aura toujours envie de s’accorder tous les pouvoirs. En effet, Jésus a rencontré les tentations qui sont les nôtres, mais chaque fois il se plaçait sous le regard de Dieu, à l’écoute de sa Parole.  À l’image du peuple hébreu qui a souffert de faim au désert, dans sa marche vers la Terre Promise, Jésus n’a pas été épargné.  Lui aussi a vécu l’écrasante chaleur de la marche difficile au désert de la vie, comme nous la vivons tous et toutes, mais il n’a jamais perdu confiance en son Père.

Oui dans ce désert aride Jésus a eu faim, et c’est là que le tentateur lui donnait rendez-vous. Le diable s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »

Théophile, tu connais (tu as connu) la faim dans ta vie, tu connais le manque et le vide, n’est-ce pas ?   Et bien Jésus aussi l’a vécu.  Confronté à la fragilité et à la vulnérabilité humaine, Jésus aurait pu entrer dans la tentation de refuser de vivre le manque.  Le tentateur lui faisait miroiter cette possibilité en lui suggérant bien de manières de satisfaire toutes ses envies et de combler ses manques. Mais Jésus ne s’est pas laissé avoir par le désir des biens ou des fausses sécurités. Le manque ne lui faisait pas peur car il trouvait sa vraie nourriture en Dieu. Il savait reconnaître que tout le reste nous est soufflé par le tentateur pour nous éloigner de l’essentiel.

Jésus exhortait même les foules en disant : « En effet, la vie vaut plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. Ne cherchez donc pas ce que vous allez manger et boire ; ne soyez pas anxieux.  «Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et la Justice de Dieu, cherchez d’abord le Royaume, le reste vous sera donné. »  Il disait aussi : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. »

Oui, c’est de Justice et de Paix que Jésus avait faim mais il a rencontré si souvent des cœurs de pierre, des cœurs sans compassion.

Dans sa recherche d’un Royaume de paix et de justice, Jésus a entraîné bien des gens à sa suite, mais tous n’avaient pas les mêmes raisons de le suivre.

Plusieurs attendaient de Jésus qu’il vienne régner comme un roi puissant, pour chasser les romains et établir sa royauté.

Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Alors, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »

Oui, le tentateur est habile pour entrer par la porte de notre désir de pouvoir, notre désir de contrôle. Mais la réponse de Jésus fut nette et sans appel : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul. »

Il disait encore: « Un serviteur ne peut servir deux maîtres, ou bien, il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien, il soignera le premier et se moquera de l’autre. Vous ne pouvez pas servir Dieu et le dieu-argent »

La voix du tentateur résonnait à travers les cris des foules qui l’acclamaient en voulant le faire roi. Ces foules lui faisaient miroiter le pouvoir, le contrôle et la puissance.  Même ses apôtres espéraient quelques privilèges en voulant siéger à sa droite et à sa gauche quand viendrait son règne.  La voix du tentateur résonnait à travers cette idéologie politique partagée par tant de juifs qui souhaitaient se débarrasser de la domination des Romains.

Quand on a arrêté Jésus et que Pilate l’a interrogé au sujet du titre de « Roi des Juifs » qu’on lui attribuait, Jésus a répondu : « Mon Royaume n’est pas de ce monde. » Jésus n’avait aucune envie de s’accaparer ce type de pouvoir politique.  Le seul pouvoir qu’il désirait et exerçait était celui de l’amour.

Mais voilà, mon cher Théophile, pour le tentateur qui cherchait sans cesse à séparer le Fils de son Père et à le détourner de sa mission, les occasions n’étaient pas épuisées.  Le Tentateur l’emmena aussi jusqu’au sommet du Temple de Jérusalem : lieu suprême du pouvoir religieux.  Il voulait l’inciter à réclamer un miracle pour prouver qu’il était bien le Messie attendu.  Tout aurait été si facile s’il avait été incontestablement reconnu par toutes les personnes.  Le Tentateur cherchait même à pervertir le sens de l’Écriture pour tenter Jésus de mettre Dieu à son service : « Allez, jette-toi en bas, tu sais bien que Dieu ne te laissera pas tomber, puisqu’il est écrit que Dieu donnera l’ordre à ses anges de te garder et de te porter sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »

La voix du tentateur résonnait jusque dans les railleries des grands prêtres, des scribes et des anciens qui le provoquaient à prouver qu’il était bien le Fils de Dieu. Même, au moment où Jésus agonisait sur la croix, ont les entendaient se moquer: « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »

Plus d’une fois l’Adversaire a cherché à ébranler la confiance de Jésus en son Père, en lui suggérant de faire appel à sa protection pour lui éviter la mort.  Mais chaque fois Jésus se référait à l’Écriture: « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Oui, en effet, l’Écriture nous rappelle comment le peuple d’Israël avait mis Dieu à l’épreuve pendant sa longue marche au désert. À Massa et Mériba, le peuple, qui avait peur de mourir de soif, avait murmuré contre Dieu en disant : « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non? »  Le Tentateur aurait bien voulu que Jésus adopte les mêmes sentiments qu’Israël au désert, et qu’il mette Dieu à l’épreuve, en le défiant de mettre sa toute-puissance à l’œuvre pour lui épargner la souffrance et la mort.

Mais Jésus n’a pas cédé à la tentation, parce qu’il n’a pas cédé à la peur.  Il n’a pas brisé son lien de confiance avec son Père.  Ce qui demeurait premier pour Jésus, c’était de faire la volonté de Celui qu’il appelait tendrement Papa et en qui il trouvait la force d’aimer jusqu’au bout.  Il n’avait pas besoin de vérifier l’amour de son Père en réclamant un acte de puissance.  Il avait l’assurance d’être aimé et cela lui suffisait.

Le Tentateur a épuisé toutes les formes de tentations possibles avec Jésus, mais Jésus n’a jamais succombé.  Par sa confiance en Dieu son Père, il éloignait le tentateur, même si ce dernier lui donnait toujours rendez-vous au moment opportun.  Le dernier rendez-vous fut celui qu’on pourrait appeler l’heure de la domination des ténèbres.  À la mort de Jésus, l’Adversaire semblait bien avoir triomphé, mais ce n’était qu’en apparence car la Lumière a jailli au matin de Pâques.  Le Ressuscité nous a fait signe et nous l’avons reconnu. Oui, l’amour a été et sera toujours plus fort que la mort, car Dieu est le Maître du combat.

Mon cher Théophile,

Voilà pourquoi, tu peux être assuré d’avoir un défenseur en Jésus le Christ Ressuscité, Lui qui t’appelle à le suivre sur le chemin du don. Il ne t’abandonne pas quand tu te trouves confronté à l’Adversaire. Le Christ peut parfaitement te comprendre et te porter secours, car Il a été semblable à nous en toutes choses[17]. Par son Esprit, il te donne la force de le suivre et de combattre tout ce qui t’empêche d’avancer sur le chemin de l’amour.

 

Au revoir mon cher Théophile

 

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